
Il y a quelques années encore, penser à un Ouganda hyper-connecté semblait utopique pour beaucoup. Pourtant, les autorités ougandaises mettent les bouchées doubles pour généraliser l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Mais saviez-vous que malgré ces efforts, plus de 90 % de la population n’était pas connectée à Internet en 2024 ? Ce chiffre, rapporté par l’Union internationale des télécommunications (UIT), montre l’ampleur du défi à relever. Pour y remédier, la Uganda Communications Commission (UCC) a récemment initié une évaluation détaillée du taux de pénétration des smartphones et de leurs prix. Cet effort vise à construire les bases d’un Ouganda plus connecté.
Les smartphones : porte d’entrée vers l’information numérique
Les smartphones jouent un rôle central dans la stratégie numérique de l’Ouganda. En effet, pour une grande partie de la population, ces appareils sont la principale porte d’entrée vers le monde numérique. L’évaluation menée par la UCC prend en compte plusieurs facteurs clés : l’accès, l’accessibilité financière, les coûts des données, l’approvisionnement en appareils, ainsi que les compétences numériques. Ces éléments sont cruciaux pour façonner un accès significatif à l’information numérique.
Le rôle des parties prenantes
La semaine dernière, une rencontre importante a eu lieu entre la UCC et divers acteurs du secteur. L’objectif ? Évaluer le taux de pénétration des smartphones, le coût des appareils, et les obstacles à l’accès aux services numériques. Les résultats de cette évaluation serviront de référence pour orienter les futures interventions et mesurer les progrès en matière d’inclusion numérique.
- Réduire le coût des appareils
- Encourager la production locale
- Adapter la fiscalité
Réduire les coûts pour faciliter l’accès à l’information
Pour rendre l’information numérique accessible à tous, la réduction du coût des appareils reste une priorité. Dès janvier 2025, le gouvernement ougandais avait exprimé sa volonté de diminuer les prix des équipements numériques, y compris des smartphones. Un prix plus bas permettrait à un plus grand nombre d’Ougandais d’effectuer des transactions, de suivre des cours en ligne, et d’accéder aux divers services numériques disponibles.
Production locale et fiscalité
Le ministre des TIC et de l’Orientation nationale, Chris Baryomunsi, a plaidé en faveur de la fabrication locale de smartphones et d’ordinateurs dès février 2026. Cette initiative vise à réduire les coûts pour les consommateurs tout en renforçant les capacités industrielles du pays. Par ailleurs, la fiscalité sur les smartphones, qui atteint environ 30 % selon la GSMA, est jugée excessive. Les opérateurs télécoms ont demandé au Parlement de supprimer les droits d’importation sur les modèles d’entrée de gamme pour encourager l’accessibilité.
Le smartphone, moteur de la transformation numérique
Adopter les smartphones en masse s’inscrit dans une ambition plus vaste de transformation numérique. Les autorités ougandaises voient dans cette stratégie un levier crucial pour le développement socio-économique. En augmentant l’accès aux appareils numériques, on espère aussi stimuler la participation des citoyens à l’économie numérique. Selon une étude de la GSMA, l’économie numérique pourrait générer jusqu’à 14 600 milliards de shillings ougandais supplémentaires (≈ 3,86 milliards USD) d’ici 2030. Cependant, le faible taux d’équipement actuel reste un obstacle majeur.
Les défis à surmonter
Seuls 27 % des Ougandais de plus de 15 ans possédaient un smartphone en 2024, selon la Banque mondiale. Par ailleurs, la pénétration d’Internet était d’environ 9 % la même année. Ces chiffres soulignent l’urgence de renforcer les efforts pour élargir l’accès à l’information numérique.
Pour conclure, l’Ouganda est à un tournant crucial de son développement numérique. Les initiatives actuelles, bien que ambitieuses, devront être renforcées pour surmonter les défis de l’inclusion numérique. Vous l’aurez compris, l’accès à l’information numérique est plus qu’une simple question de technologie ; c’est un enjeu de développement pour l’avenir du pays.






















