• Trending
L’Afrique compte-t-elle 54, 55 pays… ou plus ?

L’Afrique compte-t-elle 54, 55 pays… ou plus ?

7 août 2021
Pourquoi les deux Congo portent-ils le même nom ?

Pourquoi les deux Congo portent-ils le même nom ?

22 mai 2024
Le tourisme sexuel en Afrique, entre tabous et instrumentalisation

Le tourisme sexuel en Afrique, entre tabous et instrumentalisation

27 septembre 2021
Zelensky

Les présidents africains boudent Volodymyr Zelensky

24 mai 2024
Black Axe

[Gangs d’Afrique] « Black Axe », la mystérieuse mafia nigériane

24 mai 2024
Hassan Maroc

Maroc : l’héritier Hassan III, portrait craché de son grand-père ?

24 mai 2024
Philippe Simo

[Série] Les arnaqueurs d’Afrique : Philippe Simo, le « beau parleur » entrepreneur

24 mai 2024
Elections Afrique 2022

2022, année d’élections et d’incertitudes en Afrique

2 janvier 2022
La plume et l’épée : l’Emir Abdelkader

La plume et l’épée : l’Emir Abdelkader

22 mai 2024
D’où viennent les meilleures dattes d’Afrique ?

D’où viennent les meilleures dattes d’Afrique ?

9 mai 2021
L’armement de l’Ukraine par les Américains passe par le Maroc

L’armement de l’Ukraine par les Américains passe par le Maroc

24 mai 2024
Qui est Bernard Lugan, le « Monsieur Afrique » d’Eric Zemmour ?

Qui est Bernard Lugan, le « Monsieur Afrique » d’Eric Zemmour ?

24 mai 2024
jeudi 28 mai 2026
  • S'identifier
Afrique Chronique
No Result
View All Result
  • Accueil
  • À la uneLIVE
  • Culture
  • Économie
  • L’Edito
  • Politique
  • Société
  • Africa Tech
  • Sport
DERNIÈRES ACTUS
  • Accueil
  • À la uneLIVE
  • Culture
  • Économie
  • L’Edito
  • Politique
  • Société
  • Africa Tech
  • Sport
No Result
View All Result
Afrique Chronique
No Result
View All Result
Accueil À la une

Sénégal : la judiciarisation de la santé, une arme à double tranchant ?

Dans À la une
A A
0
Sénégal : la judiciarisation de la santé, une arme à double tranchant ?
1.4k
ACTIONS
2k
VIEWS
Partager sur FacebookPartager sur Twitter

Le recours à la justice contre les erreurs médicales est une arme à double tranchant. Il satisfait les familles éplorées, mais installe un malaise dans le système de santé.

En Afrique, chaque année, au moins 1,16 million de nouveau-nés meurent, pourtant deux tiers de ces bébés pourraient être sauvés grâce à une couverture de 90 % d’interventions faisables et factuelles.

On note de plus en plus la perte de croyance en la fatalité face à la mortalité maternelle et néonatale. Au Sénégal, cela se traduit par des manifestations d’indignation à la suite de décès maternels. Faisant preuve d’impartialité sur ces « ratés médicaux », le ministère de la Santé et de l’Action sociale a initié des audits pour identifier les causes de ces décès survenus à l’hôpital.

Malgré cela, ces déconvenues ont fini par atterrir dans le champ judiciaire. Les gynécologues, anesthésistes et sages-femmes respectivement mis en cause ont été systématiquement placés en garde à vue, pour motif de protection contre d’éventuelles invectives venant des familles victimes, en attendant la fin de l’instruction des enquêtes policières. Si cette action judiciaire satisfait, peu ou prou, les attentes des populations, elle contribue parallèlement à affaiblir la confiance en soi des professionnels de santé.

Ainsi, les professionnels de santé sont fréquemment mobilisés pour apporter leurs concours à la justice, mais il est aussi des situations dans lesquelles ils sont mis en cause devant les tribunaux partout dans le monde.

En quoi la judiciarisation des soins est-elle un couteau à double tranchant ? Quels sont les répercussions professionnelles et les effets sur l’offre de soins ?

Nous identifions ici les risques liés à la judiciarisation des soins et balisons la voie au dialogue constructif entre les parties prenantes de l’hôpital sénégalais.

Relations entre populations et structures de santé

À la suite du constat du non-recours des populations indigènes à la médecine biomédicale dans les années 1970-1980, des forces vives de la population sont invitées à siéger au sein des instances des structures de santé pour informer les populations, renforcer l’offre de soins et répondre à la demande à travers la mise en place de l’Initiative de Bamako (IB).

Le décret de 2018 donne naissance aux Comités de développement sanitaire (CDS),jadis appelés Comités de santé, sans changer substantiellement sa composition. Mais ces acteurs — enseignants, leaders locaux, etc. — nommés par les maires des communes ont tendance à s’arrimer à l’organigramme des structures de santé. Ils sont ainsi perçus par les populations comme étant un segment du personnel soignant, plus sous la coupole des professionnels de santé qu’un vecteur d’augmentation du pouvoir d’agir des usagers.

Ce positionnement organisationnel les délégitime comme porte-voix des populations au sein des structures de santé. Dans la conscience collective des populations, les membres des CDS ne défendent que modestement leurs intérêts au sein de ces instances. Leurs prises de position en cas d’incidents entre soignants/soignés sont jugées arbitraires, matérialisant un aveuglement face aux inégalités sociales d’accès à la santé. Il en va de même pour les acteurs communautaires qui, investis dans la volonté d’être insérés dans la profession à travers des mobilisations pour être recrutés, laissent un vide dans la médiation sociale au sein des structures de santé. L’orientation stricto sensu des acteurs communautaires (CDS et relais locaux) vers l’hôpital n’a finalement qu’un apport modeste dans l’amélioration du recours aux soins par les populations.

Recours tardif aux soins

La pyramide de santé qui va de la case de santé à l’hôpital en passant par le poste et le centre de santé ne retrace pas toujours le parcours de nombreux patients. Ce parcours commence souvent par le guérisseur de la communauté, se prolonge et se « termine » avec lui en dépit de certaines incursions dans les établissements de santé. Un tel parcours, reposant sur la personnalisation des relations de soins, pose au moins deux difficultés majeures pour les professionnels de la santé. La première renvoie au temps mis dans l’étape du guérisseur ainsi que la médication y afférente (accouchement à voie basse pour recouvrir sa féminité) qui peut compliquer davantage la situation du patient, complication imputée très souvent à l’étape suivante que constitue la structure de santé.

La seconde renvoie à une appréciation négative du système de santé et de ses acteurs à partir d’une grille qui met l’univers du guérisseur au centre du dispositif. À la convivialité du guérisseur et à son humanisme, on oppose l’insensibilité et l’indifférence du soignant qui semble confiner le patient dans une discourtoisie liée souvent au caractère anonyme du patient. L’hôpital et ses employés sont donc quelquefois confrontés à la gestion d’urgences obstétricales auxquelles ils ne sont pas toujours préparées à faire face, dans un contexte de déficit des moyens médicaux mis à leur disposition. Dans le même temps, la demande de santé néonatale et obstétricale s’accroît tandis que les capacités d’accueil sont menacées par un sentiment d’insécurité des professionnels de santé.

Des soignants en état de détresse psychologique

Les incarcérations des professionnels de santé – suite aux erreurs qui leur sont imputées – ont suscité un sentiment de détresse psychologique auprès de leurs collègues qui se sentent délaissés et non protégés comme en témoigne cette femme médecin de 46 ans qui totalise 14 ans d’expérience :

Nous sommes désemparés. Certains de nos collègues craignent de toucher les malades. Vous savez : une intervention peut bien se passer et subitement le malade décède par suite de crise cardiaque. Ça peut arriver. Mais même dans ces cas de figure, nous ne sommes pas protégés. Maintenant, on cherche systématiquement à nous imputer la faute. Ce n’est pas encourageant !

Les différentes déclinaisons de la peur chez les soignants : perte d’emploi, prison, fracture familiale laissent entrevoir une médecine défensive. L’impression d’être des boucs émissaires pour satisfaire les attentes des familles des victimes et des associations de la société civile pousse certains praticiens à chercher des alternatives professionnelles pour se soustraire de cette épée de Damoclès judiciaire.

La fuite des compétences comme alternative

Les pays africains éprouvent d’énormes difficultés dans le déploiement du personnel médical dans les zones reculées. A ces difficultés, s’ajoutent les intentions de skills drain (fuite des compétences) surtout des gynécologues, comme réponse à une situation de soins parsemée de risques judiciaires.

C’est le cas de ce gynécologue de 39 ans avec 6 ans d’expérience :

J’ai fait tout mon cursus au Sénégal. Ma seule passion était de servir mon pays, de sauver des vies. Mais actuellement, il y a une rupture de confiance. J’ai une famille qui dépend de moi. Je ne peux pas risquer de perdre mon travail et d’être en prison dans l’exercice de mes fonctions. Je préfère aller monnayer mes compétences ailleurs. Pour le moment, je cherche. Je démissionne dès que je trouve une offre, même à l’étranger.

Pourtant, des démissions en cascade plongeraient inéluctablement l’accès aux soins obstétricaux en eaux troubles : les acquis émanant des politiques d’amélioration des soins pour le couple mère/enfant, mises en place depuis plusieurs décennies, connaîtraient forcément une régression, ce qui serait contre-productif pour les populations, surtout celles en zone rurale.

Quelle perspective de sortie de crise ?

En définitive, la judiciarisation de la pratique médicale satisfait certes des familles éplorées, mais installe parallèlement un malaise dans le système de santé, ouvrant une brèche à l’annulation d’interventions médicales du fait de « l’indisponibilité professionnelle » du personnel de santé.

Pour sortir de cette médecine défensive, il semble important de mettre en place un mécanisme de compensation et d’arbitrage intra professionnel afin de réconcilier les professionnels de santé avec les populations. Il s’agira de dépersonnaliser les relations de soins en améliorant l’offre à travers le renforcement de la formation, la dotation en infrastructures et en équipements, le respect de la vie humaine, l’évitement des négligences diverses, etc.

Il faut surtout dé-judiciariser les soins. Par dé-judiciariser nous n’entendons pas demander une absence totale de recours à la justice en cas de nécessité mais plutôt la non utilisation de la justice pour calmer la colère populaire lorsque les usagers des services de santé se sentent lésés. Il s’agit plus de dépassionner le débat pour que la justice soit une garantie pour ces derniers quant à la protection de leur droit à la santé et à des soins de qualité, mais aussi pour les professionnels de santé un recours qui n’est engagé et surtout opérant que quand les fautes sont d’abord et avant tout établies par les instances habilitées comme les ordres (des médecins…). A ce moment, les principes d’autonomie et d’autorégulation seraient garanties pour les praticiens, mais aussi les standards d’offres de soins seraient assurés pour les usagers des services de santé. On pourrait aussi envisager de faciliter l’accès des victimes à l’indemnisation, comme cela se fait dans d’autres pays.The Conversation

Abdoulaye Moussa Diallo, Sociologue, Université de Lille; Djiby Diakhaté, Sociologue, enseignant-chercheur, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, and Tidiane Ndoye, anthropologue, enseignant-chercheur, département de sociologie Université Cheikh Anta Diop de Dakar ;, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Tags: a la uneSanté

Related Posts

À la une

Madagascar : Élection controversée à la Haute Cour constitutionnelle, information cruciale

28 mai 2026
À la une

Est de la RDC: des délégués américains et suisses évaluent le processus entre Kinshasa et l’AFC/M23

28 mai 2026
À la une

RDC, Ouganda, Soudan du Sud: le Canada suspend ses visas d’entrée en raison d’Ebola, à 15 jours du Mondial

28 mai 2026
Article suivant
Comment la crise Algérie-Maroc a gâché le CHAN

Comment la crise Algérie-Maroc a gâché le CHAN

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Notre sélection

Or : Endeavour Mining poursuit sa mue hors d’Afrique de l’Ouest

4 semaines ago

Sécurité renforcée autour de l’aéroport de Bamako : les passagers invités à anticiper leurs déplacements

1 mois ago
Choguel Maïga, bien parti pour devenir Premier ministre du Mali ?

Choguel Maïga, bien parti pour devenir Premier ministre du Mali ?

5 ans ago

Maroc : la diaspora, un levier économique qui pèse des milliards Business Africa

2 jours ago
Kenya : fin des mesures sanitaires strictes, finances anéanties

Kenya : fin des mesures sanitaires strictes, finances anéanties

5 ans ago

Sénégal : un ancien de la Banque centrale nommé premier ministre après le limogeage de Sonko

3 jours ago

Afrique du Sud : Kemi Seba arrêté, selon Bip Radio

1 mois ago

CMA CGM confirme l'attaque de l'un de ses navires dans le détroit d'Ormuz

3 semaines ago

Guerre au Soudan : 28 morts dans une attaque de drone sur un marché

1 semaine ago

L’Ouganda confirme une épidémie d’Ebola : une urgence sanitaire à ne pas sous-estimer

2 semaines ago
No Result
View All Result

Highlights

Une information clé : Mia Healthcare Technologies révolutionne l’accès aux soins dentaires en Afrique

Révolution agricole en Afrique : l’information au cœur d’une innovation

Smartcomply : L’extension internationale de l’information technologique

Est de la RDC: des délégués américains et suisses évaluent le processus entre Kinshasa et l’AFC/M23

RDC, Ouganda, Soudan du Sud: le Canada suspend ses visas d’entrée en raison d’Ebola, à 15 jours du Mondial

À la Une: le difficile combat contre Ebola – Un défi mondial

Trending

À la une

Madagascar : Élection controversée à la Haute Cour constitutionnelle, information cruciale

Par admin
28 mai 2026
0

Dans un contexte politique déjà tendu, une nouvelle décision de l'Assemblée nationale de Madagascar suscite l'attention. En...

Opportunité unique pour les jeunes agripreneurs avec l’information sur GoGettaz 2026

28 mai 2026

Nouveau fonds pour l’emploi : une information capitale pour l’Afrique

28 mai 2026

Une information clé : Mia Healthcare Technologies révolutionne l’accès aux soins dentaires en Afrique

28 mai 2026

Révolution agricole en Afrique : l’information au cœur d’une innovation

28 mai 2026
Toute l'actualité
  • Afrique du Sud
  • Algérie
  • Angola
  • Bénin
  • Botswana
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Cameroun
  • Cap-Vert
  • Centrafrique
  • Comores
  • Côte d'Ivoire
  • Djibouti
  • Égypte
  • Érythrée
  • Éthiopie
  • Gabon
  • Gambie
  • Ghana
  • Guinée
  • Guinée-Bissau
  • Guinée équatoriale
  • Kenya
  • Lesotho
  • Liberia
  • Libye
  • Madagascar
  • Malawi
  • Mali
  • Maroc
  • Maurice
  • Mauritanie
  • Mozambique
  • Namibie
  • Niger
  • Nigeria
  • Ouganda
  • République du Congo
  • RD Congo
  • Rwanda
  • São Tomé-et-Príncipe
  • Sénégal
  • Seychelles
  • Sierra Leone
  • Somalie
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Swaziland
  • Tanzanie
  • Tchad
  • Tunisie
  • Togo
  • Zambie
  • Zimbabwe

Maghreb & Moyen-Orient

  • Algérie
  • Égypte
  • Libye
  • Maroc
  • Mauritanie
  • Moyen-Orient
  • Tunisie

Afrique de l’Ouest

  • Bénin
  • Burkina Faso
  • Cap-Vert
  • Côte d’Ivoire
  • Gambie
  • Ghana
  • Guinée Conakry
  • Guinée-Bissau
  • Liberia
  • Mali
  • Niger
  • Nigeria
  • Sénégal
  • Sierra Leone
  • Togo

Afrique centrale

  • République centrafricaine
  • Cameroun
  • Gabon
  • Guinée équatoriale
  • République démocratique du Congo
  • République du Congo
  • Tchad
  • São Tomé-et-Principe

Afrique de l’Est

  • Burundi
  • Djibouti
  • Érythrée
  • Éthiopie
  • Kenya
  • Ouganda
  • Rwanda
  • Somalie
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Tanzanie

Afrique australe et océan Indien

  • Afrique du Sud
  • Angola
  • Botswana
  • Comores
  • Lesotho
  • Madagascar
  • Malawi
  • Maurice
  • Mozambique
  • Namibie
  • Seychelles
  • Eswatini
  • Zambie
  • Zimbabwe
  • Qui sommes nous
  • Offres d’emploi
  • Horaires de Prière
  • Contact

© Afrique Chronique 2026

No Result
View All Result
  • Accueil
  • À la une
  • Culture
  • Économie
  • L’Edito
  • Politique
  • Société
  • Africa Tech
  • Sport

© 2026 Afrique Chronique

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Create New Account!

Fill the forms below to register

All fields are required. Log In

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In

Pistolo

Pistolo

pistolo.fr

Add New Playlist