
Dans un monde où l’information est devenue le nerf de la guerre économique, de nombreux pays africains prennent des mesures audacieuses pour sécuriser leurs données. En effet, le Gabon vient de faire un pas significatif dans cette direction. Le 3 juillet dernier, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a inauguré, à Nkok dans la Zone économique spéciale de Libreville, le tout premier data center national du Gabon. Ce projet ambitieux, réalisé par ST Digital, est certifié Tier 3, ce qui assure un haut degré de disponibilité grâce à des systèmes d’alimentation et de refroidissement redondants.
Une infrastructure stratégique pour l’information
Le data center gabonais, fruit d’un investissement de 8 milliards de francs CFA (soit environ 14 millions de dollars), se distingue par sa conception innovante. Il est divisé en trois espaces distincts : une salle cloud, une salle de colocation et une salle privative. Ces infrastructures sont spécialement conçues pour répondre aux besoins croissants liés à l’intelligence artificielle. À cela s’ajoute l’intégration d’équipements respectueux de l’environnement, tels qu’une alimentation partielle par énergie solaire et un système de refroidissement économe en eau.
Les données du Gabon : un enjeu national
Il convient de souligner que jusqu’à présent, environ 95 % des données produites sur le territoire gabonais étaient hébergées à l’étranger. Cette nouvelle infrastructure, implantée sur plus de 3 000 m², offre une capacité de 92 baies pouvant accueillir jusqu’à 42 serveurs physiques chacune. Cela représente environ 3 000 serveurs physiques ou entre 20 000 et 35 000 serveurs virtuels à terme. La puissance électrique installée est d’un mégawatt, avec un plan d’extension progressif.
- Certifié Tier 3
- Investissement de 14 millions de dollars
- Équipement écoresponsable
- 92 baies disponibles
- 100 % de personnel gabonais
Le retard africain dans le domaine des data centers
Si le Gabon avance à grands pas, l’Afrique reste globalement en retrait sur le plan des infrastructures de data centers. Selon le rapport State of African Energy 2026 de l’African Energy Chamber, à mi-2025, le continent ne comptait que 223 data centers répartis dans 38 pays, soit moins de 0,02 % du parc mondial. L’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria concentrent à eux seuls une part importante de ces installations.
Perspectives de croissance pour l’information en Afrique
Pourtant, les perspectives de croissance sont prometteuses. D’après le cabinet Research and Markets, le marché africain des data centers devrait passer de 3,49 milliards de dollars en 2024 à 6,81 milliards de dollars en 2030, avec une croissance annuelle de 11,79 %. Cette dynamique est portée par la numérisation des services publics, l’essor de la fintech et les ambitions en matière d’intelligence artificielle.
Vous l’aurez compris, le développement des data centers est une priorité stratégique pour l’Afrique. En sécurisant l’information sur leur propre territoire, les pays africains se positionnent pour un avenir numérique prometteur. N’attendez plus pour suivre ces évolutions et partagez vos réflexions sur l’impact potentiel de ces infrastructures sur le continent.






















